15 raisons d’aimer Willis Earl Beal

15 raisons d’aimer Willis Earl Beal

Il existe encore, en 2012, des chanteurs restés terrés chez leur grand-mère, qui n’ont pas internet, et travaillent leurs chansons comme si personne n’était là pour les écouter. Willis Earl Beal a longtemps été de ceux-là. Il est en passe de changer d’univers. Il a été signé, la fascination pour lui grandit. Elle est justifiée. Voilà une belle pelletée de raisons pour l’aimer.

1 - Du peu qu’on en a vu, Willis Earl Beal est imposant. Grand, massif, dégageant une impression de puissance. Pourtant, toute son histoire dit sa timidité. Un conflit qui respire de partout. Des chansons qu’il n’ose pas finir, mais qu’il est prêt à chanter à n’importe qui au téléphone. Un morceau sur lequel il hurle, un autre sur lequel il semble chanter à l’oreille d’un être minuscule…

2 - A 3’07, dans ‘Evening Kiss’, il y a un gros pet au micro. Rien n’a été essayé pour l’enlever. Raw shit.

3 - Acousmatic Sorcery est un album difficile. C’est à peine un album. Une collection de chansons enregistrées avec les moyens du bord, livrées sans rien qui puisse polir la brutalité des blues ou la gaucherie des balades. Le genre d’objet étrange qui peine à brosser un portrait quelconque de son auteur. Tous les possibles sont là, comme si on avait gratté la terre pour voir, avant que quoi que ce soit n’en soit sorti. C’est interdit, c’est fascinant.

willis-piece

4 - Il a chanté une chanson au téléphone pour (entre autres) l’émission de radio des Young Turks (ci-dessou, à 31’20). Et voilà comment il décrit son disque : « C’est comme quelqu’un qui rentre sans prévenir dans la salle de bain. Un monologue intérieur démentiel ».

5 - Willis Earl Beal a une histoire. Incroyable, longue, qu’on peut lire dans le passionnant article que lui avait consacré un journaliste du Chicago Reader l’an dernier.

6 - Willis Earl Beal a eu plein de petits boulots. Coursier pour Fedex, livreur, gardien de nuit. Lors de ce dernier job, il devait remplir un cahier de garde. Il l’a fait. Mais plutôt qu’y noter l’ennui, il y a gribouillé des poèmes. Avec les heures.

Willis Earl Beal Log

7 - Un soir, le journaliste du Chicago Reader qui avait écrit sur lui l’a accompagné sur une place du centre ville, alors que se vidait une salle de concert classique en face. Willis a posé un ghettoblaster au sol, et a chanté par-dessus. C’est sur cette vidéo que l’on s’aperçoit qu’il aaussi une voix soul, qui peut être forte sans être un cri.

8 - Il confirme, deux ans plus tard. Juste ses mains, le T-shirt le plus cool de la terre, et cette voix. Putain, cette voix.

9 - Pour vous résumer l’histoire. Willis veut se faire des amis, n’ose pas parler aux gens. Il dessine des flyers, sur lesquels il met son numéro de téléphone et propose de chanter des chansons à ceux qui l’appelleront. Le fondateur de Found Magazine tombe sur un de ses flyers, fait sa couv’ avec. Un lecteur, fasciné par l’histoire, contacte Willis, et l’aide à enregistrer des morceaux. Entre temps Willis rompt avec sa copine, fuit à Chicago, retourner vivre chez sa grand-mère.  Les morceaux enregistrés font leur chemin, jusqu’à ce qu’il soit signé chez XL.

10 - Sur son site web, il y a encore son adresse et son numéro de téléphone.

11 - Il a un site web, mais il n’a pas d’ordinateur. Il va à la bibliothèque du quartier quand il en a besoin.

12 - Willis Earl Beal a un point commun avec ces grands déglingués de l’histoire de la folk, les Daniel Johnston, les Jad Fair. Il dessine. Beaucoup. Sans presque jamais utiliser de couleur, avec un trait à la fois très fin, précis, mais encore naïf.

Found Magazine - Willis Earl Beal
Found Magazine – Willis Earl Beal

13 - La raison pour laquelle il aime Tom Waits est franche, candide : « Il n’est pas mignon, fait quelquefois des sons dissonants. Il est capable de jouer du piano et de faire de très jolies choses, mais ce qui m’a d’abord attiré chez lui, c’est que le dissonant, c’était tout ce que je savais faire ».

14 - Il a composé une grande partie de ses chansons à Albuquerque. La ville qui a vu grandir Zach Condon et accueilli la série Breaking Bad. On a vu pire.

15 - Il sera le 20 mai, au Botanique, à Bruxelles. Ne le ratez pas

(via la Blogothèque)

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