Prenez quatre gamins, Catholic Spray, qui n’ont pas peur de vociférer un bon coup, quitte à mettre du postillon un peu partout autour d’eux. Prenez un quartier de banlieue, cinq ou six dealers et quelques clebarts capables de planter le décor, tout en puissance brute, rien pour le décorum. Touillez. Et vous obtenez un des anthems les plus made outskirts. Ce sont des cris, pas des chants. C’est de l’énergie pure, un truc qui renverse des barrières et se propage sur l’asphalte, et qui – comme le rock des temps anciens, comme le punk en son heure – donne une voix à ceux qui n’en ont pas. Le message est peut-être simpliste, voire offusquant pour certains esthètes, mais l’essentiel est là : ça va saigner.
Puck: 3 mots pour vous résumer
Catholic Spray: CÅ’UR DE METAL
Puck: Où vous-êtes vous rencontrés ?
CS: On s’est rencontrés à la Cantine de Belleville à Paris, après un concert organisé par nos chers amis d’Inch Allah Records. Cyprien portait des baskets LA Gear qui clignotait quand il marchait, on s’est dit cash, lui on veut faire un groupe avec.
Puck: Quand vous avez commencé à jouer de la musique, aviez-vous une idée claire de ce que vous alliez faire?
CS: En fait on a chacun des influences sensiblement différentes mais on se retrouvait sur l’envie que ça sonne trash avec un fond assez pop pour que le public retienne nos morceaux.
Puck: Maintenant je suppose que vous allez asseoir votre réputation à Paris et commencer à tourner à l’étranger également. N’est-ce pas trop difficile de faire sa place en France avec un groupe tel que le vôtre et que projetez-vous dans l’avenir concernant les tournées?
CS: On ne cherche pas spécialement à faire notre place mais il y a clairement une scène émergente avec des groupes comme JC Satan, Teenage Moonlight Borderliners, Crash Normal, Le Pêcheur… On essaye juste de s’amuser ensemble. Pour l’instant, on se concentre sur les divers enregistrements, on a quelques dates de prévues pour cette été et on compte faire une plus grosse tournée à l’étranger à la rentrée.
Puck: Quelle serait votre marque de fabrique?
CS: Texas Instrument. On est dans le calcul.
Puck: Pouvez-vous m’en dire plus à propos du choix des images de votre vidéo The Ghost From My Grave?
CS: C’est Antoine qui est un gros fan de réalisateurs japonais obscurs expérimentaux underground alternatifs, du coup il a puisé dans ses divx des images de Matsumoto, dont le travail repose principalement sur la mise sur pellicule du fantomatique et de l’indicible dans la nature humaine… Max à l’inverse est dans une grosse phase western. Lui, il aime quand ça tire.
Puck: Pensez-vous que les gens puissent être intimidés par vous?
CS: Si par intimider tu penses à ces dealers de cité qui protègent leur quartier armés jusqu’aux dents de façon illégale… Alors oui, on est vraiment intimidant.
Puck: Comment pourriez-vous décrire votre musique telle un goût qu’on garde dans la bouche?
CS: Mi-kebab/mi-sang.
Puck: Que peut-on attendre de vous d’ici quelques mois?
CS: Pour le groupe, un split 7″ avec un groupe australien Neighbourhood sur le nouveau label XVIII Records, une cassette sur le label américain Moon Glyph et un LP qui est en préparation et devrait sortir avant l’été. Pour Max, une MST, voire un bébé avant la rentrée.
Yo!
// Victoria G, photo: Damien Gross
Catholic Spray a sorti leur premier EP Fruit Of The Moon, c’est gratos, c’est par ici!



